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Comment transformer un quartier de logement social datant des années 70 en EcoQuartier, symbole de développement urbain et humain, de renouveau du cadre de vie, d’équilibre environnemental et surtout de respect des besoins des habitants ? Comment le réintégrer à la commune ? C’est le pari qu’ont fait la municipalité et ses partenaires pour le quartier des Erables et au-delà pour la ville toute entière. « Le quartier des Erables a été construit en 1972, à l’écart du centre-ville, au milieu des prés et entre deux voies ferrées, » se souvient le Maire, Michel Héritié. « L’impasse Barrus, les pavillons autour, n’existaient même pas. C’était une époque où les pouvoirs publics n’avaient pas la même vision de l’urbanisme, de l’habitat et de l’accompagnement social qu’aujourd’hui où on ne conçoit plus de construire du logement sans accompagner les habitants relogés ou accueillis. » Le quartier des Erables est aujourd’hui avec Bel Air l’un des deux quartiers de la commune classés en CUCS, les Contrats urbains de cohésion sociale, dispositif d’Etat en faveur des quartiers en difficulté. En 2004, la mairie commande un diagnostic social et urbain au cabinet Urbanis. De cette enquête naît l’idée de redessiner le quartier, de l’ouvrir sur la ville, d’y amener services et activité économique pour en faire un lieu de vie et d’échanges avec l’ensemble de la commune, faisant des Erables le moteur de toute une dynamique de ville. « La mairie a fait un choix politique fort en choisissant de ne pas démolir et en optant pour un projet ambitieux, exemplaire, » indique Violaine Pauline-Lempereur, responsable du pôle Développement Durable du Territoire de la mairie. Un souci constant dès le départ : la construction du projet pour et avec les habitants. « On n’a pas dit : faisons un EcoQuartier et construisons le projet autour de cette idée, mais bien : imaginons un projet qui parte des habitants et leur revienne, en associant toujours les visions sociale et urbaine, » explique Alain de Framond, chef du département Politique de la ville de la CUB. « L’idée d’EcoQuartier nous a permis d’aller encore plus loin sur les questions de Développement Durable et d’Agenda 21. L’ambition est tellement forte que la CUB a mobilisé 11 de ses directions et engagé pour la voirie des crédits exceptionnels, quatre fois plus importants que d’habitude ! ». Pour se faire une idée, il suffit de se pencher sur le travail de Christophe Broichot, architecte et urbaniste. Sur les trois bâtiments existant, le A (32 logements) sera démoli et ses habitants relogés. « Afin de laisser la possibilité au maximum de locataires de rester dans le quartier, Logévie s’est engagé à conserver les mêmes loyers pour les immeubles restants dont la rénovation, portant sur l’amélioration des cages d’escaliers et surtout l’isolation thermique, en fera des bâtiments basse consommation (BBC), » indique Olivier Rousseau, monteur d’opérations en charge du dossier pour Logévie. Le projet fait également le pari de la mixité : 138 logements seront construits sur les terrains proches, permettant d’accueillir près de 300 habitants dans des logements économes en énergie, portant l’ensemble du quartier à 185 logements. Les loyers de gammes variées, demeureront ceux du logement social, avec des charges diminuées. « Le rôle du bailleur est aussi d’aider ses locataires à maîtriser leur consommation d’énergie en mettant en place des actions d’accompagnement, » complète Olivier Rousseau. Plus étendu, le quartier restera à niveau humain (du rez-de-chaussée au R+3), s’intégrant doucement dans le paysage. Des équipements publics répondant aux critères de haute qualité environnementale (l’école élémentaire Victoire quittera le centre ville pour les Erables ; une salle polyvalente de quartier sera construite…), des activités économiques en rez-de-chaussée ou encore un pôle médical en entrée de quartier permettront de désenclaver la résidence. Les voitures circuleront en sens unique dans une voie nouvelle. Des « cheminements doux » seront réservés aux piétons et aux cyclistes. « Des trames vertes irrigueront les espaces entre les bâtiments tout en conservant les atouts actuels du lieu, » poursuit Olivier Rousseau. La chênaie et l’espace végétal en bordure de voie ferrée seront ainsi conservés ; un square, des jardins familiaux et partagés, un verger pédagogique en liaison avec l’école seront créés. En lisière, des noues paysagères, grands fossés peu profonds et largement plantés de végétaux permettront de drainer les eaux pluviales de voirie tout en embellissant le cadre et la qualité de vie. « Nous avons également saisi l’opportunité, si l’on peut dire, du doublement de la voie ferrée et du projet de Ligne à grande vitesse (LGV) pour offrir aux Erables et aux quartiers proches le meilleur traitement possible des abords de la voie, en termes visuels et acoustiques, » souligne Michel Héritié. Un mur antibruit fera oublier la LGV, tandis qu’un merlon paysager, butte végétale haute de 3 mètres sera aménagée le long de la ligne Bordeaux-Nantes. Des contraintes qui deviennent des atouts… Voilà de belles graines semées pour l’avenir d’un quartier et de toute une ville. Un projet de vie pour et avec les habitantsMichel Héritié, Maire d’Ambarès et Lagrave« La volonté de la Ville et de ses partenaires est de faire des Erables un quartier modèle en terme d’habitat et de qualité de vie. C’est pourquoi nous avons construit un projet d’excellence qui prévoit un traitement optimal du bâti mais aussi de l’environnement et de la vie de quartier. Il ne s’agit pas de se contenter de rénover et de démolir, de poser des maisons ou simplement d’embellir le cadre. Nous sommes dans une démarche de Développement Durable (à travers l’Agenda 21 communal), dont l’habitant est le centre. C’est un projet de vie. Dès le départ, la Municipalité a pu s’appuyer sur un fort partenariat avec Logévie, propriétaire de la résidence, mais aussi avec le Centre Socioculturel la Passerelle et la Communauté Urbaine de Bordeaux, pour imaginer et construire le projet de rénovation urbaine du quartier. C’est un partenariat précieux, car nous savons tous que nous devons travailler au plus près des besoins des habitants pour donner du sens à ce projet qui est le leur. On ne le conçoit pas pour eux mais avec eux. Chaque partenaire s’est engagé à intégrer tous les thèmes phares habituellement présents dans les projets de renouvellement urbain : habitat, économie, déplacements et mobilité, services associatifs, culturels ou éducatifs, participation des habitants. Ce que nous espérons tous de ce projet, en tant qu’habitants, élus locaux, acteurs de terrain, responsables institutionnels, c’est que les Erables deviennent vraiment partie prenante de la ville, que ses habitants n’aient plus l’impression d’être coupés du reste du monde. En terme de projet de ville, l’EcoQuartier est conçu sur la réciprocité des liens entre tous les Ambarésiens : il vise à ce que les Erables s’ouvrent davantage à la commune, et la commune aux Erables. Le projet d’EcoQuartier incarne aujourd’hui la transformation de la ville et au-delà son positionnement dans l’agglomération, dans le cadre, notamment de Bordeaux Métropole 3.0. C’est un beau pari, qui relève un peu de l’utopie. Il faut en avoir, c’est ce qui permet d’avancer. » ![]() |