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Personne ne veut d’un crématorium

Publié le Lun. 6 Novembre 2017

Les riverains de la rue Commanderie-des-Templiers, à Ambarès-et-Lagrave, ont appris le projet quand des élagueurs sont venus tronçonner les arbres sur le site.
Les riverains de la rue Commanderie-des-Templiers, à Ambarès-et-Lagrave, ont appris le projet quand des élagueurs sont venus tronçonner les arbres sur le site. © Photo G. B.

RITES FUNÉRAIRES Les projets d’implantation de nouveaux établissements suscitent massivement le rejet chez les riverains. Exemple à Sainte-Eulalie

« On l’a appris debut octobre, par hasard, en demandant aux ouvriers qui déboisaient le terrain. On a appelé la mairie de Sainte-Eulalie qui nous a confirmé qu’il s’agissait d’un projet de crématorium. C’est complètement insensé, immoral ! » En milieu de semaine dernière, Sandrine et Laurent Elie, Hafida Zine et la quarantaine de riverains de la rue Commanderie-des-Templiers, à Ambarès-et-Lagrave, toute proche de Sainte-Eulalie, sur la rive droite de Bordeaux, ne décoléraient pas. Pour eux, la mairie de Sainte-Eulalie, qui a fait face à l’opposition des riverains l’an dernier après avoir proposé un terrain proche du cimetière de la commune, a simplement voulu repousser le problème hors de son territoire. « Ils ont trouvé ce terrain [de 7 000m2, ndlr] coincé entre l’autoroute et nos habitations : c’est sûr qu’aucun Eulalien n’y sera opposé ! Et alors que nous sommes les premiers concernés, personne ne nous en a jamais parlé car nous habitons Ambarès… Mais nous sommes mobilisés et solidaires. On ne lâchera rien. »

« Un projet scandaleux »

Une position partagée par leur maire, Michel Héritié, qui ne cache pas son agacement d’avoir eu vent du projet seulement la semaine dernière, alors que le choix d’un nouveau site avait été voté en conseil municipal à Sainte-Eulalie en juillet. « J’ai été alerté par les riverains avant de recevoir, concomitamment, un appel du maire. Tout d’abord, je trouve le procédé pour le moins inélégant. Ensuite, l’implantation de ce type d’équipement se fait en général dans des lieux isolés, propices au recueillement et capables d’accueillir beaucoup de monde. Or, le lieu est très bruyant, la rue étroite et à proximité directe des habitations ! C’est un projet aberrant sur le fond, scandaleux sur la forme. » De son côté, le maire de Sainte-Eulalie, Hubert Laporte, assure que le projet n’est « pour l’instant absolument pas avancé. Il n’y a encore ni prestataire [l’appel d’offres s’est clôturé le 23 octobre, ndlr], ni architecte ». S’il « comprend tout à fait la réaction des riverains », il défend son choix d’un terrain « à 200 mètres de l’autoroute – ce qui lui assure visibilité et facilité d’accès –, assez vaste et boisé, avec de beaux chênes que l’on conserverait ». Hubert Laporte, qui recevra le collectif de riverains vendredi prochain, assure aussi qu’il compte « avancer avec eux, pas contre eux. Il y aura des études – sur le trafic, la qualité de l’air, l’environnement – et une enquête publique. Selon lui, la décision tient « de sa responsabilité d’élu », face aux nombreuses demandes de familles obligées d’attendre « parfois jusqu’à 10 jours » avant de pouvoir procéder à la crémation des défunts. « Je préfère m’occuper des mariages, c’est certain, mais il nous faut répondre à cette problématique : c’est déjà assez dur de perdre quelqu’un… » Ce que ne nie pas Michel Héritié : « Bien sûr qu’il existe un besoin, mais ce n’est pas une raison pour les implanter n’importe où ! Là, ça va être invivable pour les riverains. » La situation sur la rive droite de l’agglomération bordelaise rappelle étrangement celle de Langoiran, en Entre-deux-Mers (lire ci-contre) et, dans une moindre mesure, celle de Biganos, sur le bassin d’Arcachon : des projets portés par les maires et qui provoquent une levée de boucliers. Car la croissance démographique du secteur et l’évolution des pratiques funéraires (40 % des personnes souhaitent se faire incinérer, à l’échelle nationale comme en Gironde) pousse à la création d’un, voire de plusieurs autres établissements dans le département.

Aller-retours au Père-Lachaise

« Jusqu’aux années 1980, les anciens de l’association faisaient appel à une ambulance pour emmener les corps au Père-Lachaise [à Paris], raconte Janine Teycheney, présidente de l’Association crématiste de la Gironde. Puis l’urne était ramenée et déposée dans un columbarium géré par les bénévoles. » Un crématorium a vu le jour en 1982 à Mérignac, puis un second à Montussan en 2003. Toujours insuffisant, mais est-ce une raison pour laisser aux seuls maires la responsabilité du lieu d’implantation de tels équipements d’utilité publique ? « L’intérêt pour les maires réside dans les taxes [plusieurs dizaines de milliers d’euros par an, selon la taille de l’établissement], et dans le fait qu’il s’agit de concessions : la collectivité devient propriétaire au bout de plusieurs années, 25 ans en général, explique Janine Teycheney. Mais la rentabilité n’est pas nécessairement au rendez-vous. Certains ouvrent en dépit du bon sens puis sont obligés de fermer au bout de quelques années. » Elle ne se prononcera pas sur l’épineux cas eulalien mais suit avec intérêt celui de Biganos, « qui drainerait la Gironde et une partie des Landes. C’est aux politiques de choisir, mais nous sommes là pour les aider, de manière totalement bénévole et indépendante, à choisir des emplacements qui correspondent aux attentes des gens ». « C’est un sujet vraiment sensible. Il faudrait un schéma départemental, comme pour les aires de passage des gens du voyage, car on a l’impression que personne n’en veut », estime Hubert Laporte.

Une proposition de loi en ce sens a été déposée au Sénat, en décembre 2013, puis adopté en 2014, transmis à l’Assemblée nationale le 6 juillet 2017.

 

Langoiran pense à un troisième site

A Langoiran, la mobilisation a payé. Une pétition recueillant près de 500 signatures, des dizaines d’opposants présents en conseil municipal lors des délibérations sur le sujet, ainsi qu’une réunion publique animée ont eu raison du projet du maire, Jean-François Boras, de construire un crématorium près du cimetière du Haut-Langoiran. Le choix de ce site est aujourd’hui suspendu. La réticence des viticulteurs, dont Eric Gonfrier (qui, si le projet avait vu le jour, aurait été exproprié d’une parcelle de 80 ares plantée en bio), aura sans doute également eu son importance pour empêcher la construction sur cette colline jouissant de l’une des plus belles vues du département. Le projet initial avait été lancé peu après l’élection du nouveau maire, en 2014, qui justifiait de son souhait en évoquant « un outil de service public dont les habitants du Sud-Gironde ont grand besoin ». Un premier emplacement, au Pied-du-Château, en bordure de la route départementale 10, avait émergé mais a provoqué une première levée de boucliers, les riverains pointant la proximité immédiate de leurs habitations.

 

Dans un vallon

La mairie n’a pas pour autant abandonné son projet, et un nouveau site, cette fois situe dans un vallon en sortie de village (direction Créon), serait envisagé. Comme dans le cas de Sainte-Eulalie (lire ci-dessus), il concernerait en priorité les riverains des communes voisines, Haux et Le Tourne.

 

Un projet relancé à Biganos

Au printemps, tout semblait bien mal engagé pour le futur crématorium de Biganos. Ce projet, situé au fond de la zone d’activités de la Cassadotte, est porté par le groupe Etchard via une délégation de service public de la ville. Et il venait d’essuyer l’avis défavorable du commissaire enquêteur qui avait officié pendant l’enquête publique du 16 janvier au 15 février 2017. Il avait pointé le manque d’assurances financières fournies par le porteur de projet via sa filiale Erausteguia, la contiguïté avec une zone humide sensible, la construction prévue sur une nappe de faible profondeur particulièrement sensible aux pollutions, le risque d’inondation du site en raison, justement, de cette nappe, le risque incendie dans cette zone proche de la forêt, le risque de perturbation de la faune, le rejet unanime des citoyens concernés, et recommandé de trouver un autre site. L’intercommunalité du Nord-Bassin, présidée par Bruno Lafon, le maire sans étiquette de Biganos, avait, quelques semaines après la publication de ce rapport, voté une motion de soutien au projet et la nécessité d’avoir un tel équipement dans ce secteur de la Gironde. Depuis, le maire de Biganos a plaidé avec succès le dossier devant le conseil départemental de l’environnement et des risques sanitaires et technologiques et puis devant le préfet. Un permis de construire devrait donc être déposé dans les semaines qui viennent.

 

REPÈRES

2

Le nombre de crématoriums en Gironde, soit autant que dans les Landes, un département quatre fois moins peuplé.

4 702

Le nombre de crémations réalisées par les crématoriums de Mérignac (2 151) et Montussan (2 551) en 2016.

3

Le nombre de projets en cours (Sainte-Eulalie, Langoiran et Biganos).

40 %

La part des défunts incinérés, en France comme en Gironde.

6

En jours, le délai d’attente légal pour faire incinérer le corps d’un défunt. Au-delà, le préfet doit signer une dérogation.

(sources : Association crématiste de la Gironde, service-public.fr)

 

GABRIEL BLAISE

Cet article a été rédigé par un correspondant ou un journaliste du journal Sud Ouest
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Correspondant Sud-Ouest : Denis Garreau, Ambarès et Lagrave & St Louis de Montferrand
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