Actualités d'Ambarès & Lagrave

Un chef parmi les cuisiniers

Article publié le Mardi 12 Juillet 2016 à 0H ( paru dans SUD OUEST )
Catégories : Solidarité


Le chef François Adamski est venu à l'Esat pour livrer ses astuces.
Le chef François Adamski est venu à l'Esat pour livrer ses astuces. © photos g. r.

L'Esat du Gua a reçu, hier matin, le chef François Adamski pour un cours de cuisine particulier.

 

Effervescence et timidité hier matin en cuisine. L'Esat (Établissement et service d'aide par le travail) du Gua à Ambarès-et-Lagrave, spécialisé dans la cuisine et les espaces verts, a accueilli le chef périgourdin François Adamski (1) pour un cours de cuisine dispensé aux usagers de l'établissement, des travailleurs porteurs d'un handicap physique ou d'un retard mental.

« Au début, ils n'osent pas parler, posent peu de questions mais au fur et à mesure, les langues se délient », sourit le généreux François Adamski. Celui qui a obtenu le Bocuse d'or en 2001 aime partager des moments de complicité avec des personnes qui apprécient ses trucs et astuces. Dans le réfectoire transformé pour l'occasion en cuisine, les travailleurs de l'Esat se concentrent sur quatre ateliers : panna cotta, brochette de mozzarella et tomates au basilic, déclinaison de la tomate et gâteau au chocolat.

Générosité partagée

« Je leur montre comment je travaille mais eux aussi, avec leur regard, me permettent d'avancer, avoue le chef Adamski. Je vois comment ils ont envie, combien ils sont motivés malgré leurs problèmes. Alors, ils me donnent de l'énergie et me font relativiser les petits tracas de la vie quotidienne. À leur manière, ils me transmettent leur force. »

Philippe Carnero, directeur général de l'association Edea (Ensemble découvrons l'accompagnement) qui gère l'Esat d'Ambarès-et-Lagrave, celui de Lorient-Sadirac et plusieurs structures sociales sur la rive droite de Bordeaux, avait concocté cette journée en guise de cadeau. « Les équipes ont été récompensées pour leur implication dans le challenge de Noël où il fallait réaliser un repas à peu de frais », explique-t-il.

Dans la salle, la lame du couteau martèle les feuilles de basilic roulées. Une intense odeur poivrée se mêle à celle du lait chaud et du citron vert.

Marielle Gros, directrice adjointe de l'Esat d'Ambarès estime que « ce genre de moment est important car les usagers de la structure voient leur travail valorisé. »

« Habituellement, ils mitonnent des plats pour les leurs collègues qui déjeunent sur la structure. Ils proposent également, et on le sait moins, des petits-déjeuners ou des buffets pour les entreprises, les associations ou les particuliers. L'équipe peut également se déplacer pour proposer du traiteur avec le service pour des lunchs ou des cocktails. « Pour eux, ce genre d'activité constitue une ouverture importante sur l'extérieur », poursuit encore Marielle Gros.

Émouvant

Philippe Loiseau, de la Chambre de commerce et d'industrie (CCI) de Bordeaux et président de la commission Proximité-Partenariat, sourit de voir la mayonnaise prendre. « Je savais que François Adamski serait une bonne personne pour venir ici, dit-il. C'est un chef très humain, calme et posé. Je trouve très émouvant de voir le sérieux avec lequel les travailleurs de l'Esat écoutent ses conseils. »

« Je vois bien que ma présence leur fait plaisir », rajoute le chef en précisant à l'un des participants : « Ne serre pas trop le basilic, sinon tu vas l'écraser ».

Les brochettes sont prêtes. La panna cotta est en train de prendre. Les travailleurs de l'Esat restent concentrés.

(1) Après Le Gabriel, à Bordeaux, François Adamski est aux commandes du restaurant l'Imaginaire à Terrasson.