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10 ans de safran, ça se fête

Article publié le Mardi 9 Mai 2017 à 8H ( paru dans SUD OUEST )
Catégories : Economie-Emploi - Environnement



© DA

Chantal et Jean-Noël Pelette maîtrisent la culture de cette épice originaire de Grèce. Elle compose la plupart de leurs plats. Le couple propose une porte ouverte ce lundi.

Rue du Maréchal Foch Prolongée, l’adresse est déjà originale. Elle l’est encore plus quand on découvre une ferme safranière, à moins de cent mètres de l’autoroute A 10. C’est là, il y a dix ans (1) que Chantal et Jean-Noël Pelette se lancent dans cette culture aussi improbable que le lieu. « Nous étions dans le rouge après l’effondrement du marché du chrysanthème, une fleur que l’on produisait en Dordogne, raconte la Girondine. Il fallait tenter quelque chose ».

Le couple se souvient alors d’un échange passionnant à propos de la culture du safran avec André Péronnet, alors chercheur à l’Inra (Institut national de la recherche agronomique). « On aime bien l’originalité », dit Chantal Pelette. L’expérience tentée sur 1 000 mètres carrés de la propriété où les parents de Jean-Noël ont longtemps exercé une culture maraîchère et encourageante.

Plébiscité par Jésus…

« On avait récolté dix grammes la première année, ça nous avait fait plaisir de voir toutes ces petites fleurs mauves », se souvient-elle. Changement de braquet neuf ans plus tard. La production est multipliée par 30, s’est fait un nom « Safran de Bordeaux ».

Les Pellet la commercialisent, en majorité, à des particuliers et pour 40 % à des chefs de cuisine. Une part est utilisée dans des préparations maison, : confiture, gâteau ou encore la dernière née, le confit de Sauternes au safran. Une création plébiscitée par Jésus, le chef accompagné par Matthieu Vidal et Solenn Lemonier qui composait, en 2016, le jury des tests gourmands.

« Nous n’avons pas de possibilités d’extension, on restera comme ça », annonce sans la moindre pointe de regret Chantal Pellet. Sa « passion » est de militer pour « le vrai safran. Le faire découvrir, ainsi que toutes les possibilités qu’il offre, à un prix qui, contrairement à l’idée reçue, reste abordable ». Elle en apporte la preuve, : « Un gramme de safran payé 32 euros permet de préparer dix plats pour dix personnes ».

(1) Portes ouvertes de la safranière, lundi 8 mai, de 10 à 12 heures et de 14 à 18 heures (34 rue Maréchal Foch Prolongée)

dominique andrieux