Actualités d'Ambarès & Lagrave

La grande revue du développement durable

Article publié le Jeudi 31 Mai 2018 à 9H ( paru dans SUD OUEST )
Catégories : Environnement - Pratique


La robe imaginée et conçue par Marie-Line Van Elslande (à droite)à partir de bouteilles d’eau en plastique intrigue ces dames.
La robe imaginée et conçue par Marie-Line Van Elslande (à droite)à partir de bouteilles d’eau en plastique intrigue ces dames. © PHOTO D.A.

La ville a proposé hier un temps fort pour faire connaître ses actions et celles d’associations et surtout encourager le public à préserver sa qualité de vie.

« Tous les enfants devraient participer à une telle journée », réagit Marie, une Ambarésienne à propos de la journée consacrée au développement durable. Une initiative que la ville renouvelle chaque année sous des formes différentes dans le cadre de la semaine européenne sur ce même thème. « C’est l’occasion de mettre en lumière l’essentiel des actions menées tout au long de l’année, un travail dans l’ombre », commente Dany Malidin, l’élue en charge de l’Agenda 21 et de la participation citoyenne.

Illustration hier après-midi au Pole culturel Ev@sion. Pendant qu’un petit public mesure « la gravité de la situation sur l’état de la planète » avec la présentation d’« Avant le Déluge », le film documentaire réalisé par Leonardo DiCaprio et Fisher Stevens, d’autres s’intéressent au Gachi’pain.

Pas de pain le jour de la pizza

Imaginez une boîte qui circule dans chaque self des quatre écoles élémentaires de la ville, une face transparente permettant aux enfants de mesurer le volume de déchet et de rectifier leur consommation. « Ça marche », souligne Katia Harbulot, du service Agenda 21. « Ça fait une émulation d’une école à l’autre, observe Dany Malidin. L’année dernière, on a mesuré les volumes de déchets alimentaires, le pain arrivait nettement en tête ». Depuis, les agents commandent le pain en fonction du menu. Il n’y en a plus le jour de la pizza. Terminé?!

« Sensibiliser dès le plus jeune âge » fait partie des préoccupations de la ville mais toutes les générations ont un rôle à jouer. Les commandes de composteurs sont le signe d’une prise de conscience parmi la population d’une commune qui compte bon nombre d’habitations individuelles. Ambarès se distingue encore pour être la commune où le dépôt de vêtements à recycler représente « le volume le plus important de la métropole ».

« Le développement durable, c’est bien vivre », indique une Ambarésienne à son de son petit-fils. « Tu vois, l’eau du robinet est bonne », lui commente-t-elle en passant devant le stand de Smegreg. « Dans le département de la Gironde, l’eau qui sort de votre robinet est d’excellente qualité parce qu’elle provient de la nappe profonde, à 70 mètres, consommer de l’eau en bouteille n’a donc pas d’intérêt », milite Audrey Expert, l’animatrice du Crepaq intervenant pour le Smegreg (1). Elle insiste sur « la nécessité de rester vigilant sur la consommation » vu que la démocratie est à la hausse dans notre département.

Ne pas gâcher, le slogan peut se transposer à l’environnement, au paysage. Dans ce domaine, tous les efforts mis en place par les collectivités pour éviter que le marais de Monteferrand devienne une déchetterie sont d’un effet trop éphémère.

(1) Syndicat mixte d’étude et de gestion de la ressource en eau du département de la Gironde

 

dominique andrieux

 

 

La famille Zero Dechet a la rescousse

 

CONFÉRENCE Jérémie Pichon a raconté hier soir comment sa famille avait rompu avec la consommation. « On est plus heureux », assure-t il

 

« Ca faisait plus d’une dizaine d’années que j’animais pour des enfants des ateliers de ramassage de déchets sur la plage et je continuais à consommer jusqu’au jour où j’ai dit ça suffit ». Jérémie Pichon raconte comment la famille Zéro Déchet est née, lors de cette fameuse journée. « C’était en 2014, on a renversé la poubelle dans le jardin et on a pu mesurer alors la part importante des emballages dans les déchets ».

Hier soir, le père Zéro Déchet qui fait l’objet de nombreuses sollicitations en France est venu raconter aux Ambarésiens comment lui et les siens s’y étaient pris. « Au début, c’était empirique, mais a force on a fini par trouver une solution pour tout », raconte-t-il. Jérémie Pichon estime que « le déchet en fait le symptôme, la partie visible de l’iceberg ». Un préambule aux propos d’un convaincu, voire d’un militant disant « on est plus heureux quand on est sorti de la grande distribution, de la consommation ». « On gagne en qualité de vie, on dépense moins donc on a moins besoin d’argent, on pollue moins », retient-il. Le conférencier porte sa parole avec d’autant plus de conviction que « depuis trois ou quatre ans, je ressens une énergie citoyenne, des démarches individuelles » chez des personnes qui ont envie de changer leurs modes de consommation.

Prendre conscience

En faisant le tour des stands dans le Pôle culturel Ev@sion, il ne lui aura sans doute pas échappe que le Recyclorium, du nom de l’association ambarésienne, propose au public par exemple de fabriquer ses produits d’entretien à partir de composantes naturelles. « C’est forcément préférable pour la santé et en même temps ça réduit des conditionnements très polluants du fait qu’ils sont renforcés pour contenir des agents toxiques, dangereux », développe une Ambarésienne.

En modifiant les habitudes de consommation, l’enjeu est selon Jérémie Pichon de « passer d’un cercle vicieux a un cercle vertueux ». Il cite des exemples d’économie locale et dit « croire en la relocalisation de productions », notamment alimentaire. Et il y voit « un levier pour l’emploi ».