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Le crématorium ravive l’hostilité des élus voisins

Article publié le Lundi 23 Juillet 2018 à 9H ( paru dans SUD OUEST )
Catégories : Environnement - Solidarité - La mairie


Les riverains s’étaient déjà rassemblés en février pour faire entendre leur opposition.
Les riverains s’étaient déjà rassemblés en février pour faire entendre leur opposition. © ARCHIVES G. BLAISE

Le projet annoncé en conseil municipal a réveillé la colère du maire d’Ambarès-et-Lagrave et du député Alain David. Ils en ont fait part à la préfecture.

« Le projet est prêt, on est mis au pied du mur », s’offusque Michel Héritié, le maire d’Ambarès-et-Lagrave. Depuis de nombreuses années, il s’oppose au projet porté par son voisin Hubert Laporte. Alors que le conseil municipal de Sainte-Eulalie vient de se mettre d’accord sur le prestataire à qui reviendrait le chantier du futur crématorium (lire « Sud Ouest » du 18 juillet), l’élu s’est associé au député Alain David pour aller plaider sa cause à la préfecture de la Gironde.

L’argumentaire n’a pas changé, Michel Héritié conteste toujours l’absence de concertation de son homologue, par ailleurs conseiller départemental. Il déplore aussi que son choix se soit porte sur une parcelle située en limite ambarésienne.

Inquiets du stationnement

« C’est un terrain mal fichu en triangle, entre l’autoroute et des habitations d’Ambarésiens », explique-t-il, soucieux des potentiels désagréments pour ses administrés. Il dénonce, de plus, une certaine « malhonnêteté intellectuelle à présenter les terrains en bordure de crématorium comme des espaces verts alors qu’ils sont habités par des Ambarésiens. » L’annonce faite par le maire de Sainte-Eulalie n’a pas convaincu les élus voisins. « En cas de succession de cérémonies, les invités ne se croiseront peut-être pas, mais quid du stationnement ? », interroge Michel Héritié. Il n’acceptera pas que l’avenue de Saint-Loubès devienne le parking bis du crématorium.

Remonté, le maire d’Ambarès-et-Lagrave ironise sur la déclaration d’Hubert Laporte vantant la qualité paysagère du projet de la Société des crématoriums de France : « Si ça s’intègre si bien à l’environnement, pourquoi ne l’a-t-il pas implanté là où c’était initialement prévu ? ». Rappelons que plusieurs parcelles ont été envisagées avant celle-ci, « y compris à Ambarès-et-Lagrave », comme le rappelle Hubert Laporte.

Le début d’un long bras de fer

Le député Alain David en est persuadé : « Le volet environnemental peut peser très lourd ». Tous deux affirment que le secrétaire général du préfet leur a assuré « veiller à ce que tous les volets soient respectés », mais ils savent que leur visite a lieu très en amont, « aucun dossier n’a encore été déposé », comme le précise Michel Héritié. Avant toute instruction préfectorale, le projet doit faire l’objet d’une enquête publique. Tout comme la révision du PLU amorcée à Sainte-Eulalie et à laquelle Michel Héritié s’est associé. « On a demandé le classement de la parcelle en zone naturelle », lance l’élu. Un classement impossible, selon Hubert Laporte, il l’assure : « On ne peut pas faire de zonage à la parcelle, aucun pastillage n’est possible ». Le maire eulalien voit la démarche de son homologue comme une façon de « monter les uns contre les autres », et le regrette. « Michel Héritié a refusé tous les sites sur sa commune, ce crématorium, c’est comme une patate chaude. J’en assume la responsabilité », conclut-il. Mais face à un projet portant, selon ses opposants, « atteinte aux Ambarésiens », le combat est loin d’être terminé.

ANNE-LAURE DE CHALUP