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Première saison morose pour la piscine d’Ambarès

Article publié le Lundi 14 Septembre 2020 à 9H ( paru dans SUD OUEST )
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BILAN Ouvert en septembre 2019, l’équipement a souffert du Covid-19 après six premiers mois réussis

Le 15 septembre, la piscine Alain-Bernard d’Ambarès soufflera sa première bougie. Et il n’est pas inadéquat de dire que le Covid-19 a très largement gâché la première fête d’anniversaire. « Il n’y a qu’à regarder l’écran. On est à 2 % de nos capacités », sourit (jaune) Nordine Guendez, le maire de la ville.

L’écran qui affiche le décompte du nombre de personnes présentes indique 19. La capacité maximale de l’équipement flambant neuf en temps normal ? 468 personnes en simultané. « C’est assez évocateur », appuie l’édile. Qui fait le point sur le panel d’activités avec la maître-nageuse de l’accueil. Si les leçons de natation refont florès avec une liste d’attente « impressionnante », le reste des activités fait grise mine. « Ca se remplit mais ce n’est pas plein », glisse l’employée.

10 fois moins d’entrées

Tous les chiffres de fréquentation sont en berne, loin des projections dressées lors de l’inauguration du 5 octobre. Du 28 juin, date du déconfinement de la piscine, au 31 août, 1 945 personnes sont venues faire un plouf. « On avait tablé sur 20 000 entrées sur cette période », râle Nordine Guendez. On le comprend, tant l’ouverture de la piscine, très attendue par la population, avait attiré. Pour preuve, sur les trois premiers, l’équipement a enregistré quelque 22 000 entrées, et plus de 14 000 entre janvier et le 17 mars, date de la mise en sourdine des systèmes de filtration d’eau des deux bassins avec le Covid-19. Mais la mise en place du protocole sanitaire contre le virus, et plus particulièrement d’une jauge maximale d’accueil – 28 personnes et 4 créneaux par jour - a sabordé ce net lancement.

Au final, la piscine Alain-Bernard a accueilli sur l’année 2019-2020 à peine plus de 38 000 nageurs – sachant qu’elle a aussi été fermée au public du 22 décembre 2019 au 2 janvier 2020 pour la vidange annuelle. À titre de comparaison, l’ancienne piscine, à des années-lumière d’Alain-Bernard en termes de capacité d’accueil, avait reçu près de 48 000 personnes en 2013, lors de sa dernière année. C’est dire le manque à gagner pour la commune. « L’impact est énorme, confirme l’édile. On est en train d’évaluer le déficit structurel (1). Il va y avoir des impacts multiples. »

« Hiérarchiser » les projets

Car outre un manque à gagner, non négligeable en termes de fréquentation, la commune doit aussi faire avec des coûts de fonctionnement exponentiels, en premier lieu dû au fameux protocole sanitaire. « On va devoir renforcer notre système de ventilation, ce qui va multiplier par quatre nos coûts en électricité », précise Nordine Guendez. Celui-ci d’affirmer : « On a évalué à 1 million d’euros l’impact global du virus pour la commune. » Alors, forcément, il va falloir faire des ajustements, faire preuve d’une gestion « mesurée ». « On va hiérarchiser les programmes d’investissement », affiche le premier magistrat. En 2020, la Ville a prévu d’investir 3,6 millions d’euros dans des programmes (contre 9 en 2019), en premier lieu pour mener à bien la première phase de réhabilitation des vieilles halles et de l’église ou encore l’assistance à maîtrise d’ouvrage (AMO) pour la réalisation d’un nouveau gymnase multisport au complexe Lachaze (1) Entre 700 et 800 000 euros sur une année « normale » pour un budget de fonctionnement de 17 à 18 millions d’euros. Pour rappel, la piscine a coûté plus de 9,5 millions d’euros.

E. G.-C.