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Le maire d’Ambarès pour la concertation tous azimuts

Article publié le Vendredi 16 Octobre 2020 à 8H ( paru dans SUD OUEST )
Catégories : La mairie



© YDelneste

POLITIQUE Nordine Guendez, nouveau maire (PS) de 46 ans, veut incarner un renouvellement et pratiquer la « démocratie continue », notamment sur les projets immobiliers

Le secret a longtemps été de Polichinelle. Depuis 2014, Michel Héritié, élu ambarésien pendant 43 ans et maire de la ville depuis 2004, préparait sa succession et Nordine Guendez s’est vite imposé. Conseiller délégué aux ressources humaines puis adjoint à l’éducation- enfance-jeunesse et premier adjoint depuis 2017, il est devenu maire à 46 ans en juin dernier. L’ancien directeur de service, puis chargé de mission à la Ville de Cenon, se consacre désormais entièrement à son mandat, après une campagne tendue et une quadrangulaire au second tour.

 

« Sud Ouest » Comment voyez-vous votre image d’héritier d’Héritié ?

Nordine Guendez : Je l’assume parce que j’ai travaillé de longues années avec lui, et qu’il m’a beaucoup appris. J’ai aussi fait mes preuves et je crois avoir su rassembler au cours du dernier mandat pour emmener l’équipe aux élections cette année. Je veux incarner aujourd’hui aussi une nouvelle dynamique. Des enjeux nouveaux apparaissent de manière plus cruciale, comme le peuplement dans la mixité et l’environnement bien sûr. Notre commune a encore du foncier qui est un des plus accessibles : il faut accompagner cette croissance avec vigilance.

Comment orchestrer cela ?

En établissant une charte urbanistique et paysagère tout d’abord. Poser des règles de construction et d’aménagement (comme cela a été fait… à Cenon par exemple, NDLR) et les décider avec les habitants : définir les zones où l’on peut construire et les espaces à sanctuariser. Arriver à 20 000 habitants en fin de mandat parce qu’il faut prendre sa part démographique mais le faire harmonieusement.

Qu’est-ce que votre « démocratie continue » ?

Un mode de saisine du conseil municipal, des conseils de proximité, dans les différents « quartiers villages » de la ville, aux fortes identités à respecter, un budget participatif, la retransmission prochaine des séances du conseil, et des commissions extramunicipales sur des dossiers structurants. La préfiguration de cette dynamique de concertation se réalise en ce moment sur l’avenir de la ZAC A (1).

Cette ZAC centre-ville a été créée il y a quinze ans : pourquoi tant d’immobilisme ?

Les autres sites concernés ont été traités mais ce secteur de centreville le long de l’Estey du Gua a pris du retard. Des tergiversations liées aux craintes des habitants mais aussi des enjeux environnementaux de la loi sur l’eau. Aujourd’hui, le processus est relancé avec l’aménageur Aquitanis (lire ci-dessus). Via des questionnaires en ce moment, plus d’une centaine d’habitants ont été interrogés sur leurs souhaits. Un parc de 6 hectares le long du cours d’eau, une ouverture sur la place de la République au niveau de l’îlot Albert envisagée pour redynamiser le tissu commerçant. Sur ce projet de 150 logements, trois promoteurs sont en lice. Au printemps et au fil d’une concertation nourrie, une votation aura lieu pour choisir le projet définitif.

Quel constat faites-vous sur la rénovation urbaine du quartier des Érables qui a pris beaucoup de temps ?

Je peux comprendre le désarroi des habitants pendant un moment : si l’habitat avait été considérablement rénové et enrichi, la touche environnementale n’y était pas. C’est chose enfin faite.

Les mobilités sont-elles au cœur de ce mandat aussi ?

Bien sûr. C’est aujourd’hui la double peine pour un étudiant de nos communes. Nous avons un atout avec nos deux gares sur deux lignes ferroviaires différentes. Il faut que le cadencement suive : c’est amorcé, et en 2023, on devrait toutes les demi-heures rallier la Médoquine en 22 minutes.

Des problèmes de sécurité sont régulièrement évoqués sur la ville…

Pas plus que dans d’autres. Avec la compagnie de gendarmerie, nous travaillons sur certains secteurs sensibles. Nous allons développer le maillage de nos caméras de vidéoprotection (une trentaine aujourd’hui) pour mieux traiter entrées et sorties de ville.

La vidéosurveillance semble désormais entrée dans les moeurs de la gauche ?

Elle doit s’accompagner d’un travail de terrain. Notre service médiation- jeunesse est très investi.

Le montant de vos indemnités (6 400 euros) a fait débat. Qu’en dites-vous ?

On n’a pas compris la nouvelle répartition des indemnités : il y a moins d’adjoints (huit), cinq conseillers délégués. L’enveloppe classique pour une commune de cette strate est aussi majorée puisqu’Ambarès est chef-lieu de canton.

Erratum Nordine Guendez : Un seul correctif concernant le montant des indemnités qui sont de 3900€ brut et dont le montant global est inférieur à la dernière mandature.

(1) Zone d’aménagement concertée sous l’égide de la Métropole.

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Le nouveau président d’Aquitanis

Le dialogue entre la ville d’Ambarès et l’aménageur de sa ZAC centre-ville devrait être facilité : le premier conseil d’administration de l’office public de l’habitat de Bordeaux Métropole s’est réuni mercredi dernier, première séance depuis le début de la nouvelle mandature, et c’est Nordine Guendez qui a succédé à Béatrice de François, maire de Parempuyre, déjà socialiste. Nordine Guendez est aussi conseiller métropolitain délégué aux multimodalités et plans de déplacement des entreprises. La viceprésidente est Emmanuelle Ajon, adjointe au maire de Bordeaux, dévolue à la cause de l’habitat à la ville comme à la Métropole.

 

Recueilli par Yannick Delneste