Connectez-vous !

J'ai perdu mon mot de passe

Vous n'avez pas encore de compte ? Créer un compte maintenant
Avec un compte vous pouvez entre autre suivre vos informations de fiches familles et enfants et les réinscrire chaque année, vous pouvez aussi gérer votre fiche association


Si vous rencontrez un problème, n'hésitez pas à contacter le webmaster@ville-ambaresetlagrave.fr

Connectez-vous !
Bannière
INFOS FLASHVacances d'automne : inscription aux centres de loisirs

N°2 - Décembre 1994

Fichier PDF Téléchargez l'exemplaire original au format PDF

PORTRAIT : L'aventure sonore Jean Thomas


Jean Thomas. dit Jeannot et son premier microphone professionnel (marque Mélodium n° 20305) qui succéda au tout premier qu'il s'était fabriqué lui-même.
© Studio Debayle Ambarès

"Bon sang ne saurait mentir". Un vieil adage vérifié car nous avons tous reçu de nos ancêtres proches ou lointains bien des traits de nos caractères.

Jean Thomas n'échappe pas à ce modèle lui qui fut l'un des acteurs incontournables de la vie sociale d'Ambarès et ce pendant de nombreuses années.

Il est né à Ambarès-et-Lagrave le 4 mars 1926. Sa maman étant une Beauvais, cet événement eut lieu dans la maison familiale du Chemin de la Vie. De cette branche familiale et de ses oncles en particulier il a hérité égalèment d'une curiosité d'esprit et d'une vaste passion pour la recherche, encouragées par son père et surtout son oncle Raymond.

"... Quand j'étais jeune. l'électricité et la radio m'ont toujours fasciné...", La "fée électricité" était alors une nouvelle venue dans les campagnes et beaucoup ne l'avaient pas encore à leur porte. Avec la complicité de son père qui lui avait procuré de petits moteurs électriques, le jeune garçon s'était construit un train alimenté directement en 110 volts sans transformateur. Il en découvrit très rapidement les conséquences éventuellement dangereuses. Jean était quasiment né avec la radiodiffusion. Celle-ci avait débuté un peu partout dans le monde après la Grande Guerre et c'est dans les années 20 que les stations se multiplièrent notamment pour le Bordelais avec Radio Sud-Ouest (émetteur privé) en 1923 et Radio Bordeaux Lafayette (émetteur public) en 1924.
Les premiers temps, les postes récepteurs n'abondaient guère. De plus, ils étaient malcommodes et encombrants: haut-parleur en ébonite d'un côté. bloc récepteur.. d'un autre et le tout alimenté par une batterie constitutée de bocaux de verre montés en série dans une caisse en bois. Par la suite vinrent la desserte en électricité et les beaux postes à lampes compacts le plus souvent en ébonite puis, plus tard, en ébénisterie. Ils étaient considérés comme d'épouvantables boites magiques par les grands-pères. lesquels cherchaient des yeux "le grand couillon qui se cachait là-dedans pour parler".

Les Soneclair, Ducretet, Ondia, Schaub-Lorenz, Pathé-Marconi et tant d'autres eurent tôt fait de détrôner le poste à galène dont l'usage par trop rudimentaire (il était obligatoire d'utiliser un écouteur que l'on se passait de l'un à l'autre) avait cependant permis à de nombreuses familles ambarésiennes, d'accéder à la convivialité des soirées radiophoniques.

Les postes à galène ont bercé l'adolescence de Jean qui, à l'instar de bien d'autres de sa génération, en construisit plus d'un. Il connaissait même le secret pour remplacer la galène par une pomme de terre coupée en deux. Déjà fasciné par l'électricité, c'est la rencontre avec ce fait surprenant qui décida de sa vie.

Après avoir été apprenti électricien à Talence pendant la guerre, il apprit la radio par correspondance mais complèta cet enseignement à Bordeaux auprès d'un ingénieur et pianiste de jazz nommé Cazenabe, futur directeur et chef de l'orchestre "Norman Moine".

C'est dans l'immédiat après-guerre que Jean Thomas accéda à la vie active.

D'abord timidement, rencontrant sa clientèle le dimanche après la messe et transportant les postes à réparer sur le porte-bagages de son vélo, le "médecin du rêve radiophonique" s'affirma de plus en plus, "des idées à foison mais jamais trés commerciales" comme il le reconnait lui-même. Il avait primitivement installé son atelier chez lui, à Sabarèges, mais grâce à la garantie d'un vieil ami Roger Dutruch, il obtint de se fournir auprès de la Compagnie Générale d'Electricité et plus tard auprès de Continentale Edison Radio T. V. Il se résolut à ouvrir un magasin, sur l'emplacement de l'ancien café de La Croix de Marquet. Mais, si d'aventure on arrêtait ici la relation de cette vie de pionnier moderniste, on se priverait d'une outre facette et non-la moindre. En effet, Jeon Thomas, guidé par son activité, découvrit les joies du son et tout naturellement en devint propagateur. Il commença discrètement par la sonorisation des fêtes paroissiales ou les mariages des copains. Bien entendu, le transport se faisait à vélo: sur le porte-bagages arrière, se trouvait l'ampli, haut-parleur et tourne-disque.. dont les sacoches, les câbles.. à l'avant, un grand porte-bagages devant le guidon supportait la collection de disques et un deuxième tourne-disque. Ainsi chargé, les chemins de la commune étaient bien longs parfois.
Avec la notoriété, vint alors la sonorisation des bals et des fêtes.

Jean tirait des kilomètres de câbles le long des rues, montait des haut-parleurs pesant jusqu'à 15 kg jusqu'en haut de l'échelle. Heureux temps, où la musique diffusée jusqu'à 3 ou 4 heures du matin, loin dêtre considérée comme un agression. semblait ou contraire renforcer l'unité villageoise. Heureux temps où, diffusés de l'immeuble de la perception, "radio-crochet" et "disque des auditeurs" suffisaient amplement ou plaisir des habitants du bourg. Moderne dispensateur de joies simples, Jean était devenu l'inséparable partenaire des Comités de Fètes non seulement de la commune, mois aussi de celles d'alentours.

Au cours des années 60, sonorisant jusque là les manifestations de la Société hyppique d'Ambarès, Jean Thomas fut proposé pour asssurer celle du Jumping de Bordeaux. Le sérieux de son travail et le professionnalisme que lui conférait l'expérience accumulée, firent que par la suite et vingt ans durant, il assuma la sonorisation de l'ensemble de la Foire Internationale de Bordeaux.

Puis, en 1991, les haut-parleurs se sont tûs, les amplis se sont éteints. Repos mérité, ô combien, ce qui n'empêche pas leur maître, de retour aux sources familiales. non loin de l'Estey du Guâ, d'évoquer tous ses souvenirs avec un brin de nostalgie peut-ètre mais surtout son inaltérable passion, intacte et communicative.

Pierre Bardou

ENQUÊTE Il était une fois, les frères Luguet


En 1911. de gauche à droite: Louis. Achille. Edmond et Fernand Luguet. bicyclettes Luguet, On remarquera que la potence du vélo d'Edmond est, contrairement à l'habitude, déportée à l'arrière. Celui-ci dont les bras étaient plus courts, bénéficiait d'une construction adoptée à sa morphologie.

Fernand et Edmond sur vélo Luguet, en 1905

Edmond Luguet, champion de France 1912. de demi-fond derrière tandem sur le vélodrome du Parc à Bordeaux Caudéran, entouré sur sa droite de son frère Fernand,de son père Achille et sur sa gauche, de son frére Louis. Noter que la roue avant est d'un diamètre inférieur à celui de la roue arrière et que la fourche avant est tournée vers l'arriére, il s'agit d'artifices mis au point par Achille Luguet afin de placer le coureur au plus près du tandem, perfectionnement qui plus tard furent repris dans les courses derrière motocyclette.

6 septembre 1936 au vélodrome du Pard-Mérignac, André et Pierre Luguet, premiers de l'Omnium des Tandems sur tandem Reboul.

Ce n'est un secret pour personne et même si l'on a tendance à l'oublier, dans l'ordre d'apparition chronologique des moyens de transport, la bicyclette a largement précédé l'automobile. Pour cette histoire deux fois séculaire, tout a commencé en 1790 par l'invention du célérifère dûe au Comte de Sivrac. Puis vint la draisienne à direction mobile et, en 1855, le premier bicycle muni de pédales, construit par Pierre Michaux. Enfin, arrivèrent le grand-bi inventé par Marchegay et le safety par Stanley. Ce dernier instrument bénéficiait de roues basses dont l'une motrice-à l'arrière avec chaine. Notre vélo actuel n'était pas loin.

La tradition girondine veut que ce soit un Bordelais, Georges Juzan (1835-7972) qui, s'étant inspiré du safety, ait inventé la bicyclette: roues égales à fins rayons, moyeux, pédalier à billes, chaine à rouleaux direction penchée vers l'avant et une selle réglable. Le vélo était né. Juzan avait son atelier rue de Belorme à Bordeaux. Sa machine fut remarquée en 1885 à l'occasion d'une course, mais invention non brevetée, elle fut copiée immédiatement.

Ensuite la mode de la bicyclette se développa d'une manière foudroyante. La méme année le "Vélo-sport girondin" était fondé à Bordeaux, siège 14, rue Montesquieu, tandis que le 5 mars paraissait imprimé dans les ateliers de l'imprimerie Gounouilhou le premier numéro de l'hebdomadaire "le Veloce-Sport", publication qui par la suite, fit autorité dans le monde sportif français. Dix ans plus tard, les "Bicyclettes Juzan, 36 et 47 rue Porte Dijeaux à Bordeaux, la plus ancienne fabrique de la région" caracolaient en tête de la rubrique vélocipèdes de l'Annuaire de la Gironde, précédant 33 autres annonceurs qu'ils soient fabricants, succursalistes ou importateurs directs.

En 1893 les premières automobiles faisaient tout juste leur apparition en Gironde et déjà... "la vitesse des voitures (à chevaux) et vélocipèdes dans le bourg et villages populeux faisait courir au public un danger..." à tel point qu'elle incitait le maire d'Ambarès à prendre un arrêté pour les réglementer. Cette décision apporte ainsi la preuve que le mouvement cycliste audelà de la grande ville n'était pas demeuré étranger aux campagnes et ce, il faut le souligner, en grande partie grâce au savoir-faire augmenté de l'esprit d'entreprise de certains.

Ces pionniers, le plus souvent forgerons de leur état, s'étaient essayé trés tôt, entre les socs ou autres instruments agraires, à façonner sur leur enclume quelques-unes de ces machines dont on commençait à tant parler. Pour Ambarès, Achille Luguet fut de ceux-là. Il avait sa forge près du domaine de Charron (actuellement n° 5 de la rue Edmond-Faulat). Dès 1880, et loin d'être en retard sur l'air du temps, il s'institua fabricant-mécanicien en vélocipèdes.

S'étant procuré le tube et le fer. nécessaires, le travail de forge lui demandait 4 à 5 heures pour confectionner un vélo auquel il fallait rajouter manivelles, plateau, roues dentées, libres ou fixes, roulements à billes pour direction et pédalier, rayons, pneumatiques, toutes choses qu'il faisait venir de Bordeaux. Les vélos Luguet connurent alors une honnête réputation renforcée un peu plus tard par l'invention d'une lampe acétylène pour bicyclette, réputation locale entretenue par la construction d'une triplette puis d'une quadruplette.

De toute évidence, la réussite venait récompenser l'intelligence et le travail. Mais pour Achille Luguet d'autres titres de fierté se dessinaient. Il eut en effet trois fils: Edmond, Fernand et Louis ainsi que deux petit-fils, André et Pierre et tous, à des titres divers, ont marqué de leur nom le sport cycliste français.

Edmond, l'ainé, avait débuté à 16 ans. Il courrut aux Jeux Olympiques d'Athènes en 1906, puis devenu professionnel, fut champion de France de demi-fond derrière tandem sur le vélodrome du parc à Bordeaux-Caudéran en 1912. Lorsqu'il arrêta la compétition, il ouvrit un magasin de cycles à Saint-André-de-Cubzac où il représentait la marque Peugeot.

Son frère cadet Fernand, prit la suite de leur père, à Ambarés. D'une santé précaire et malgré des débuts prometteurs, il lui fut difficile de persister dans la course. Excellent technicien, il inventa un dérailleur à tige sur roue dentée à double plateau pour vélo cyclotouriste. Il céda en 1925 l'entreprise familiale à Fellonneau, mécanicien qui exerçait jusque-là cours Victor Hugo à Bordeaux.
Le "petit frère" Louis, fit un début éblouissant entre 1910 et 1914 période durant laquelle il obtint les premières places de la plupart des grandes courses du Sud Ouest, Après la guerre, au sein des équipes professionnelles, il fit une carrière également remarquable, remportant notamment le Critérium du Midi en 1919 et 1920, le grand prix de Bordeaux en 1921, et obtenant cette mème année, une très honorable 5e place au tour de Lombardie devant les frères Pélissier. Il courrait alors comme eux sur des machines de la firme Bianchi, la marque familiale ne pouvant bien-sûr assurer l'équipement de champions internationaux. Il se retira à Toulouse où, fidèle à la tradition familiale, il ouvrit également un magasin de cycles de la marque Peugeot.

La puissance de Fernand, la souplesse de Louis, toutes qualités qu'Edmond rèunissait, firent que les frère Luguet ont grandement honorè leur père, qui, en son temps, n'avait pas dédaigné la compétition sur des vélos de sa fabrication. Mais, et le fait n'est pas banal, une troisième génération allait encore faire parler d'elle.

André était le fils ainé de Fernand. Tout jeune, ses goûts l'avaient porté vers le ballon rond. Blessè au genou, il fut -contraint d'abandonner l'Union sportive d'Ambarès et vint au vélo à l'âge de 18 ans. Très vite, il s'imposa et de 1930 à 1939, se fit une spécialité des courses sur piste, au point d'être considéré comme l'un des as régionaux de la vitesse, Son frère cadet, Pierre, également dans la compétition. resta un routier mais tous deux firent merveille ensemble dans les courses de tandem sur vélodrome. L 'histoire du cyclisme comme toute autre histoire technique est jalonnée "d'inventions et d'améliorations. C'est ainsi que Pierre Luguet conçut et fabriqua avec Jacques Suire un plateau avec pédalier excentré permettant le passage impeccable des vitesses, Depuis, d'autres encore ont beaucoup fait pour le vélo mais il est incontestable que la Ville d'Ambarès & Lagrave peut s'énorgueillir d'avoir été le berceau d'une belle dynastie de glorieux serviteurs de la "petite reine".

RECIT - Vendanges-gerbebaude


Déjà mi-octobre! Il faut vendanger la pièce du Grand-Marais ou le raisin mûrit en dernier. Boulotte est attelée, la charrette chargée de bastes et baillots, La mémé Lucie' se hisse à l'arrière, jambes pendantes. Le charretier s'assoie près du marche-pied. Au retour chargé de raisin, il cheminera à côté de sa bête pour la soulager. Ils partent tôt comptant sur une heure pour le trajet. La troupe vient à bicyclette.

La journée commence au soleil levé et se termine au soleil couché.

La gelée blanche du matin rend les doigts gourds et les sécateurs dangereux.

Prudentes, les femmes ont dans leurs devantiers de grosses toiles le nécessaire : quelques gouttes de verjus sur la plaie un tour de "gueille" et on n'en parle plus.

Midi au soleil arrive enfin. Le convoyeur qui revient du cuvier rapporte la soupière emplie et toute chaude pliée dans des lainages ainsi qu'une grosse miche. La patronne a allumé la cheminée de la cabane. Vite elle apprête une belle omelette, grille des saucisses.. des confitures pour dessert. Tous mangent de bon appétit. Même Boulotte a droit à sa musaque d'avoine et à des seaux d'eau.
La troupe reprend son "vire-cul". Il fait chaud, les requimpettes restent au bout du rang.

Le "beson" gagne les enfants qui badent ou "coupillent" les feuilles et se font cha cailler par leur mère qui se décarcasse pour "mener leur rang".

La mémé a bien chaud malgré son capet et son mouchoir sur la nuque. Pourtant elle tient tête ne s'échappant que pour uriner jambes écartées dans son "pichebiste" ou ramasser quelques "baraganes" que demain elle "trempouillera" dans la vinaigrette.

La vendange terminée, la dernière baste entre au cuvier parée de sa gerbe de fleurs.

Dans le pressoir, pieds nus, pantalons retroussés appuyé sur sa pelle de bois, l'homme de chai piétine les raisins avant de les jeter dans la cuve. Les gamins ont plaisir à l'aider, glissent parfois et ressortent "barbouillous" et fond de culotte rouge.

La mémé, fatiguée, veut goûter le moût, le trouve délicieux, les hommes l'encouragent et lui font apprécier chaque foulée. A la fin, elle est un peu gaie et chantonne. Mais ce n'est pas bien méchant, et elle risque juste une "caquayre" en souvenir !


Pages liées

RSS Flux RSS Mentions Légales Mentions légales - Mentions Légales Extranet Copyright © 2018 Ville d'Ambarès & Lagrave. Tous droits réservés. - N° CNIL : 1001457